BANLIEUE
(nom f. sing.)
Ensemble des agglomérations qui entourent une grande ville et qui dépendent d’elle pour une ou plusieurs de ses fonctions.
CITÉ
(nom f. sing.)
1. Ville importante considérée spécialement sous son aspect de personne morale.
2. Se dit parfois de la partie la plus ancienne de la ville.
3. Groupe isolé d’immeubles ayant une même destination.
VILLE
(nom f. sing.)
Milieu géographique et social formé par une réunion organique et relativement considérable de constructions et dont les habitants travaillent pour la plupart à l’intérieur de l’agglomération, au commerce, à l’industrie, à l’administration.
En Français on utilise le mot ville pour désigner une agglomération formée autour d’une ancienne cité, sur les terrains d’anciens domaines ruraux: il vient du latin villa qui signifie ferme, maison de campagne.
Quand on parle de quelque chose qui fait partie de la ville on utilise le mot urbain (par opposition à rural), c’est un mot calqué sur le latin urbanus, qui vient de urbs, ville ceinte, mais en français il n’y a pas le mot correspondant.
Le mot vilain aussi vient du mot latin ville, au Moyen Age on l’utilisait pour parler d’un paysan libre mais maintenant il a aussi une connotation péjorative: vilain désigne quelqu’un de grossier, de méchant.
En parlant de la ville on doit considérer aussi ce qui l’entoure.
La banlieue: c’est le territoire qui entoure la ville et qui en est une dépendance.
Le mot vient de ban et lieue, à l’origine territoire d’une ville sur lequel s’étendait le ban, la juridiction de celle-ci.
On dit que la « banlieue » se compose de « cités » et même s’ils ont en commun une forte connotation négative et si quelquefois on les utilise pour indiquer la même chose, il faut analyser séparément ces deux mots, puisqu’ ils sont différents.
Le mot « banlieue » est étymologiquement apparenté avec le verbe « bannir« , il rassemble donc les « exclus », ceux qui ont été « mis au ban » de la cité. Il y a donc toujours eu un mur invisible mais bien réel entre les habitants de la ville et ceux de la banlieue.
Les banlieues sont extérieures (topographiquement), exclues (socialement), étranges (culturellement) et abandonnées (administrativement) puisqu’il y a moins de services qu’en ville. Ce dernier fait est particulièrement grave puisque, avec le chômage, la violence et la ségrégation urbaine, il représente l’ensemble des problèmes les plus graves de la banlieue.

Les victimes de ces problèmes sont surtout les jeunes qui dès l’âge de huit-dix ans commencent à avoir des problèmes à vivre dans cette galère qui sortent du collège parfois sans diplôme et qui commencent à travailler pour la survie quotidienne de leurs familles.
On dit en conclusion que la banlieue est un labyrinthe à cause de l’impossibilité pour les jeunes qui l’habitent de sortir de cette réalité, caractérisée par une forte dévalorisation et des signes visibles d’une violence autodestructrice (drogues) évoquée par les médias; cela est, en synthèse, le problème de l’intégration.
Le mot « cité » a une étymologie latine, il vient de « civitas » qui indiquait une communauté de concitoyens dont une partie habitait la campagne et travaillait la terre. Par contre la ville indique une entité matérielle et démographique.
Mais aujourd’hui le terme « cité » indique surtout la réalité la plus noire des banlieues, en particulier, utilisé au pluriel il a une connotation très négative et les habitants des « cités » ne sont pas vraiment des citoyens de la « cité », c’est-à-dire que ce mot a perdu le sens encourageant qu’il avait au singulier puisqu’il incitait ses habitants à se croire « citadins« .
Le mot cité désigne le territoire où sont groupés des citoyens sous des institutions politiques communes: il vient du latin civitas- atis.
Parfois « cité » est aussi l’euphémisme qui veut dire « ghetto« . Le « Ghetto Nuovo » était un quartier de Venise qui en 1516 avait été donné aux Juifs par le Sénat et qui était fermé la nuit. Aujourd’hui on appelle donc « ghetto » un quartier réservé (par l’usage) à quelque « communauté » que ce soit; par exemple une « cité universitaire » ou les quartiers d’une grande ville comme New York: « Harlem » (le quartier noir), Chinatown (le quartier chinois)…
Ce terme « ghetto » dénonce enfin l’existence de la « fracture sociale » entre ville et cité.

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